L'histoire de la CFTC s'inscrit dans celle, plus large, du syndicalisme français
Dès 1170, des communautés de métiers apparaissent en France, mais elles régulent l’accès aux professions sans négocier de droits sociaux
La Révolution française y met fin : le décret d’Allarde (1791) supprime les corporations, et la loi Le Chapelier interdit grèves et coalitions, plongeant les ouvriers dans un rapport de force déséquilibré face aux employeurs
Le XIXe siècle voit naître de violentes révoltes ouvrières (canuts de Lyon, mineurs d’Anzin) qui réclament un salaire minimum
À partir de 1848, le syndicalisme gagne progressivement en légitimité : la loi Ollivier (1864) supprime le délit de coalition, puis la loi Waldeck-Rousseau légalise les syndicats professionnels en 1884
L'histoire de la CFTC commence véritablement en 1887
C’est la création de la SECI (Syndicat des Employés du Commerce et de l’Industrie), son ancêtre direct
Cette naissance s’inscrit dans le mouvement du syndicalisme chrétien, porté notamment par l’encyclique Rerum Novarum (1891) du pape Léon XIII, qui dénonce les excès du capitalisme et encourage le catholicisme social
En 1899, Marie-Louise Rochebillard fonde le premier syndicat féminin, dans cette même mouvance
La CFTC prône des valeurs :
- du respect de la dignité de chaque personne
- du bien commun
- de subsidiarité
- fraternité
Le 20ème siècle
En 1919, la CFTC est officiellement créée, devenant un acteur central du paysage syndical français
Tout au long du XXe siècle, elle traverse les grandes étapes du syndicalisme
- participation au Conseil National de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale
- scissions historiques (naissance de FO en 1947, de la CFDT en 1964)
- puis les combats de la fin du siècle (retraites, CPE)
L'histoire de la CFTC se distingue aussi par sa capacité de résistance
En 2008, une réforme de la représentativité syndicale visait, sans le dire, à faire disparaître la CFTC
Le résultat de 2013 a démontré l’inverse : la CFTC conserve sa représentativité avec 9,30 % des voix, confirmant sa place parmi les organisations syndicales reconnues
Un syndicalisme de terrain, utile, humain et innovant
Au-delà de ses combats, l’histoire de la CFTC est jalonnée d’avancées sociales concrètes obtenues grâce au syndicalisme :
- soutien à la création du RMI en 1988
- défense continue du droit de réversion pour les retraites complémentaires
- généralisation de la complémentaire santé en 2013
- et création du Compte Personnel de Formation en 2015
Aujourd’hui, plus de cent ans après sa création, la CFTC continue de porter ses valeurs fondatrices : un syndicalisme de construction sociale, au service du bien commun et des personnes